Le parcours de l'exposition

9 Galeries pour découvrir 3000 ans de civilisation

Les étapes du parcours

L’exposition « Machu Picchu et les trésors du Pérou » vous transporte dans les royaumes légendaires de l’ancien Pérou. Concurrencé uniquement par l’Égypte ancienne en termes de longévité et par Rome en termes d’ingénierie, le Pérou précolombien était habité par des sociétés puissantes et sophistiquées. Durant 3.000 ans, celles-ci ont prospéré sur un vaste et riche territoire qui s’étendait des eaux fertiles de la côte Pacifique en passant par le désert rocheux jusqu’aux plateaux andins avant de s’enfoncer dans le bassin tropical de l’Amazone. Perché sur une crête montagneuse au-dessus d’une forêt de nuages ​​et surplombant la forêt tropicale, le Machu Picchu est le symbole incontestable des réussites du grand empire Inca dont la fin brutale et violente se solde en 1532 avec la conquête espagnole.

L’exposition vous emmène dans cette cité mystérieuse, construite et abandonnée en moins d’un siècle, et vous fait voyager à travers l’histoire et les richesses naturelles de l’un des plus fascinants berceaux de civilisation. Vous voyagerez aux côtés du héros mythologique Ai Apaec et découvrirez les mystères de la cosmovision andine à travers une sélection fine de 192 objets funéraires provenant de tombes royales, qui incluent les spectaculaires parures de seigneurs andins et qui font partie de l’une des plus grandes collections d’or et d’argent ayant jamais voyagé hors du Pérou. 

GALERIE 1 : VIDÉO

L'expérience de l'exposition commence dans un « théâtre » entouré d’un écran panoramique où est présentée une vidéo introductive. La vidéo commence par des images macro d'insectes de la forêt amazonienne se déplaçant sur le sol et projetées au centre de l'écran. Lorsque la caméra commence à effectuer un zoom arrière, le reste de l'écran se remplie d'images d'arbres, d'orchidées, d'oiseaux et d'animaux. Un zoom arrière laisse apparaitre une forêt de nuages sur toute la surface de l’écran. La bande-son monte en crescendo tandis que la caméra panoramique sur le Machu Picchu laisse apparaitre son extraordinaire environnement luxuriant. Site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1983, le Machu Picchu a été construit en 1450 à l'apogée de l'empire Inca. Le site monumental est la plus remarquable expression matérielle des prouesses artistiques, organisationnelles, architecturales, écologiques et techniques du grand empire Inca ; il témoigne de la grandeur des réalisations et des connaissances précolombiennes acquises durant 3.000 ans de développement culturel. En vue plongeante, la caméra vous entraîne dans la citadelle de pierre. Invisible d'en bas, le Machu Picchu (Vielle Montagne, en Quechua) est une cité nichée au sommet d’une montagne, encerclée par une rivière ; elle est protégée par des montagnes sacrées jumelles qui plongent dans la forêt amazonienne. Cet emplacement naturel est envoûtant, spirituel, sacré et riche en biodiversité. Centre religieux, observatoire astronomique et site de production agricole, le complexe de Machu Picchu est composé de plus de 200 structures en pierre – temples, palais, places, dépôts, maisons. Protégé des envahisseurs espagnols, de par sa localisation privilégiée, le site a été recouvert par la forêt et caché pendant 500 ans jusqu'à ce qu'il soit révélé au reste du monde en 1911 par l'historien de Yale Hiram Bingham dont les photographies de la découverte du site, publiées dans le National Geographic en 1913, sont incluses ici. Une carte de l'hémisphère occidental apparaît à l'écran et zoome sur la région andine. Le narrateur explique que le Pérou a été un berceau de civilisation, le seul à avoir émergé dans l'hémisphère sud de façon totalement indépendante. Au fur et à mesure que la caméra fait un zoom avant, des ombres changeantes sur la carte indiquent les différentes zones contrôlées par une succession de sociétés agricoles, notamment par les cultures Chavin, Mochica, Nazca, Lambayeque et Chimu. Pendant 3 000 ans, ces sociétés se sont succédés, jusqu’au développement fulgurant de l’empire Inca au moment de la conquête espagnole au XVIe siècle. La carte montre que le vaste territoire inca s'étendait sur des milliers de kilomètres à travers les Andes, joignant le Pérou à l'ouest de l'Équateur, la pointe sud-ouest de la Colombie, l'ouest et le centre-sud de la Bolivie, une grande partie du Chili contemporain et le nord-ouest de l'Argentine. Le narrateur explique que l'exposition vous fera voyager dans les Andes et vous transportera dans le temps. Vous rencontrerez le héros mythologique Ai Apaec et suivrez ses aventures surnaturelles au cours desquelles il exploite les forces de la nature – y compris celles d’animaux sacrés – pour acquérir des pouvoirs qui lui permettent une série de transformations et le rendent capable de traverser les différents mondes, jusqu'à sa propre mort et sa renaissance. A la fin de son voyage héroïque, il s'unit à la Terre Mère, la Pachamama, pour donner naissance à l’arbre de vie, symbole de régénération. Apaisés par son sacrifice, les dieux garantirent le retour du soleil et de la pluie, nécessaires à la vie et à l'épanouissement de la communauté d'Ai Apaec. Le mythe du héros Ai Apaec explique pourquoi les peuples andins pratiquaient des rituels, y compris des sacrifices humains, comme offrandes pour apaiser les dieux et honorer leurs ancêtres. Les victimes, ayant ainsi acquis un statut sacré, assuraient à la communauté la continuité des cycles naturels et leur pouvoir de régénération. Les seigneurs, rois, reines et empereurs qui régnaient sur ces sociétés étaient les représentants des dieux sur terre et les seuls membres de la communauté autorisés à porter et à utiliser l’or et l’argent qui sont des matériaux divins. Vous rencontrerez d'anciens seigneurs dans une salle d’audience à couper le souffle qui éblouit par l'éclat des parures et des ornements fabriqués à partir de ces métaux précieux. Bien que les sociétés de l’ancien Pérou n’aient pas eu de système d’écriture, elles laissèrent un enregistrement extrêmement détaillé de leurs croyances, rituels et vision du monde sur les murs des temples et de nombreuses céramiques finement décorées mais aussi à travers des sculptures en pierre et en bois, de somptueux textiles colorés ou encore à travers d’époustouflantes pièces d’orfèvrerie et de joaillerie. Ces objets identitaires et cérémoniels étaient créés par des artisans spécialisés pour les rituels religieux et funéraires des grandes personnalités de l’ancien Pérou. Le film met en lumière certaines des 192 œuvres présentées dans l'exposition. Toutes proviennent du Musée Larco de Lima, l’un des 20 meilleurs musées du monde, et dont la collection privée d’art précolombien est la plus prestigieuse d'Amérique du Sud. Le film revient sur le Machu Picchu, les bâtiments et les vestiges de la cité mais aussi sur son environnement florissant qui grâce à l’initiative de reboisement de l’Association Inkaterra a permis de reconstituer une grande partie de sa biodiversité d'origine. À la fin de la vidéo, vous entendez un fort coup de tonnerre et voyez des éclairs.

GALERIE 2 : LA CITÉ DANS LES NUAGES

En sortant du théâtre, les sons de fortes pluies vous enveloppent alors que vous entrez dans un environnement forestier dense créé par des projections de silhouettes sur les murs environnants. Les chants de condors, les rugissements de jaguars, d'aras hurlants, le grondement d'ours à lunettes, de serpents à sonnette, d'insectes bourdonnants et d'eau ruisselante envahissent l'espace. Vous êtes dans la forêt tropicale et à travers les arbres à vos côtés, vous apercevez les vestiges du Machu Picchu. Au-dessus de vous, les sommets des montagnes se dressent et une rivière coule sous vos pieds. Des en-têtes expliquent que le Machu Picchu – protégé par les montagnes et où les hauts plateaux rencontrent la forêt – est situé dans une réserve écologique, un lieu d'une biodiversité extraordinaire. Les sociétés andines vouaient une totale dévotion au monde naturel. Animistes, les habitants de l’ancien Pérou considéraient même qu’ils faisaient partie intégrante de celui-ci. Après la conquête espagnole, le site de Machu Picchu est tombé dans l’oubli, laissant durant des centaines d’années, la forêt s’approprier ce site sacré. Des images de papillons, de condors et de colibris défilent, des jaguars et des pumas traquent leurs proies parmi les feuillages, tandis que, sur le sol, des serpents glissent sous leurs pieds. Les dessins d'animaux illustrés sur les objets exposés se superposent fugitivement, créant la sensation d'un monde magique dans lequel rien n'est figé et où les êtres peuvent se transformer les uns avec les autres. Vous êtes transporté non seulement au cœur du Machu Picchu mais aussi dans une réalité complètement différente.

GALERIE 3 : LE MONDE ANDIN

Une céramique à anse-étrier éclairée par des projecteurs marque l'entrée lumineuse dans une pièce sombre. Cette figure hybride intrigante est un chaman en train de se transformer. Son visage humain, avec son oreille de cerf et son serpent dépassant de son nez, se métamorphose en jaguar. Maîtres de la transformation, les chamans andins étaient capables d’exploiter le pouvoir des animaux sacrés, passant d'une forme à une autre et d'un monde à l'autre. Les murs créent un environnement forestier et les plafonniers s'éclaircissent et s'atténuent reproduisant le passage du jour à la nuit et à nouveau du jour. Alors que le soleil traverse le plafond, des condors s'envolent et des arcs-en-ciel laissent placent à un ciel nocturne habité par des hiboux, la Lune et la Voie lactée. Sur un monolithe, vous découvrez que bien qu'il n'y ait pas eu de langue écrite, les hommes et les femmes des sociétés andines ont consigné leur histoire commune à travers des images symboliques sur les murs de leurs temples et des sculptures en pierre et en bois, des récipients en céramique, des textiles et des objets cérémoniels en or et argent incomparables. Tel un livre ouvert, ces objets documentent leurs croyances et rituels, leur vision du monde, leurs structures de pouvoir et la vie de leurs communautés. Des vidéos montrent les détails des artefacts et des sous-titres aident à interpréter ou à « lire » les objets. Les projections nomment et illustrent les trois mondes qui existent et interagissent dans la cosmovision andine :

• Le Monde Supérieur, Hanan Pacha, du Soleil, de la Lune, de la pluie et des divinités célestes ; un monde symbolisé par les oiseaux, seuls animaux capables d’atteindre le ciel.
• L'Ici et Maintenant, ou Monde du Milieu, Kay Pacha, où les gens vivent et travaillent dans leurs communautés aux côtés d'animaux, de plantes, de rivières et de montagnes, ce monde est symbolisé par les félins – jaguars et pumas – qui sont les plus grands prédateurs du territoire amazonien.
• Le Monde Intérieur, Uka Pacha, un monde souterrain, obscur et humide comme celui de l'océan, de la terre où tombe la pluie et où poussent les graines. C’est également le monde où résident les ancêtres et où vont les morts ; il est symbolisé par les serpents.

GALERIE 4 : LE VOYAGE DU HÉROS MOCHICA AI APAEC

Une arche d'entrée formée par deux serpents entrelacés s'ouvre sur un large sentier en spirale sinueux. Des figures et des scènes iconographiques, animées et projetées sur les murs vibrent. Dans cet espace, le temps est suspendu, tout est possible. Un impressionnant masque funéraire en cuivre avec des crocs de félin en coquillage et une imposante céramique d’un dieu hibou avec des ornements d'oreilles en forme de serpent présentent le grand héros mythologique de la culture mochica : Ai Apaec. Sur un panneau introductif illustré, vous découvrez que vous l'accompagnerez dans un voyage qui vous dévoilera l'ordre céleste et éternel du monde andin. Des supergraphies sur les murs présentent les épisodes de son histoire. Des en-têtes disséminés le long du parcours racontent son histoire et ses aventures à la recherche du Soleil disparu dans les profondeurs de l’océan. Au fur et à mesure que vous vous frayez un chemin dans la galerie, les couleurs vibrantes des murs et l'éclairage changent l'environnement et l'ambiance. Plus Ai Apaec s’enfonce dans l'océan, plus l'environnement devient sombre. Les eaux bleu-vert du rivage deviennent d'un bleu profond, indigo, brun foncé, puis noir, avant d'éclater en vert étincelant quand il renaît. Ses rencontres et ses expériences symbolisent les défis que le monde naturel pose aux hommes et aux femmes de l’ancien Pérou qui vivent dans le monde terrestre, d’ici et maintenant.

GALERIE 5 : LA CHASSE DU DAIM

Vous passez sous une autre arche en forme de serpent à deux têtes dans un couloir avec un paysage boisé et un éclairage tamisé et tacheté. À l’entrée, une vitrine contient des céramiques évoquant les récoltes abondantes : pommes de terre, maïs, piment, racine de yucca et courge. Ai Apaec, lui-même, est représenté en céramique sous la forme d'un piment et d'un épi de maïs. Un en-tête décrit comment le monde andin est basé sur la réciprocité. Pour que les cycles naturels continuent et maintiennent l'équilibre entre les trois mondes, les hommes doivent effectuer des rituels, des sacrifices et présenter des offrandes aux dieux pour les apaiser et qu’ils garantissent la stabilité et la continuité de la vie sur terre. Vous entendez des sabots de cerf, des cris humains et de la musique qui introduisent un important rituel, celui de la Chasse au Daim. Dans l’ancien Pérou, la chasse de cet animal était menée par des membres de l'élite richement vêtus et parés, indiquant le caractère éminemment cérémoniel de cette activité. Dans les temps anciens, les leaders des sociétés précolombiennes assimilaient leur pouvoir à certains animaux sauvages, tels que les grands félins qui sont les plus agiles et les plus puissants prédateurs du territoire andin-amazonien. Les modalités d'abattage du daim tendent à montrer que la chasse avait un statut particulier, qui dépassait largement le cadre d'une activité alimentaire. Pour les anciens péruviens, chasser le daim, étaient un moyen d’obtenir le festin de viande qui, lié à la consommation rituelle, valorisait le donataire. Ce rituel est aussi, de manière symbolique, un moyen de canaliser le pouvoir du jaguar. La chasse du daim n’était pas vouée à obtenir de la nourriture mais à capturer l’animal pour le sacrifice rituel. Dans la cosmovision andine, le daim est associé à des rituels de fertilité, à la terre et aux cultures agricoles. Tout au long de l’histoire des peuples de l’ancien Pérou, le thème de la Chasse du Daim sera présenté comme une métaphore de la vie qui est offerte en sacrifice.

L'histoire de la chasse au daim est racontée dans une brève animation de style dessin animé projetée sur un mur à partir d’une illustration peinte sur une céramique mochica. Le récipient est exposé dans une vitrine au côté d'autres remarquables objets tels qu’un spectaculaire javelot recouvert d’or et une céramique finement modelée montrant un daim captif avec un corps d’homme.

GALERIE 6 : LE SACRIFICE

Des peintures murales rétroéclairées dans un espace sombre montrent des images en haute résolution d'imposants temples précolombiens, le principal d'entre eux étant le Machu Picchu, mais d'autres sites importants sont également présentés, notamment les sites monumentaux de Huaca de la Luna de la culture Mochica et la ville en terre d’adobe de Chan Chan, capitale des chimus, tous deux localisés sur la côte nord du Pérou. Comme tous les temples, l'emplacement du Machu Picchu a été soigneusement choisi pour sa signification religieuse et astronomique. Son Torreon, était utilisé par les Incas pour observer les constellations et déterminer la date du solstice d'hiver pour les cérémonies religieuses. Des temples, souvent de forme pyramidale, étaient construits sur différents niveaux reliés par des marches. La galerie est divisée en espaces conçus pour ressembler à une place ouverte et à l’intérieur d’un temple avec un autel, comme ceux que l'on voit dans les complexes archéologiques de l’ancien Pérou. Une céramique à anse-étrier est exposée au centre de la salle. Unique au monde, cette œuvre majeure est mise en valeur pour son importance culturelle. Comparable dans l'archéologie andine à la pierre de Rosette, la céramique Larco relate avec précision l'histoire de la Cérémonie du Sacrifice mochica. Une reproduction de la scène est présentée au public en grand format sur le mur de l’autel associant les images à des objets en lien avec cette grande cérémonie : déesse de la Lune, seigneur guerrier rayonnant, guerrier captif. Une courte vidéo explique que, comme les Égyptiens, les Aztèques, les Celtes, les Grecs, les Romains et d'autres sociétés anciennes, les communautés andines pratiquaient des sacrifices humains afin de calmer la furie des dieux. Aujourd'hui, des sacrifices symboliques ont remplacé le sacrifice humain. L'offrande de l'hostie, qui représente le corps sacrifié du Christ durant la messe catholique, en est un exemple.

GALERIE 7 : PORTER UN TOAST AUX ANCÊTRES / TRINQUER AVEC LES DIEUX

Durant les cérémonies funéraires et les célébrations politico-religieuses, les hôtes trinquaient conjointement avec un verre de chicha, boisson principale du monde andin élaborée à partir de la fermentation de maïs. Une grande statue en bois magnifiquement sculptée représente un ancêtre chimu tenant dans ses mains une coupe cérémonielle. Il est entouré de différents récipients cérémoniels ou kéros, en or, argent et bois et d’un somptueux ensemble textile funéraire composé d’une tunique et d’un pagne. Ce type de vêtement finement tissé, était utilisé pour habiller les morts et préparer leur voyage dans le monde des ancêtres.

Pendant 2000 ans, les peuples de l’ancien Pérou se sont servis des kéros, de grands verres modelés dans l’argile, façonnés dans le métal ou sculptés dans le bois pour échanger et boire les fluides cérémoniels. En général, les kéros étaient fabriquaient par paires, pour célébrer l’égalité et effacer les hiérarchies sociales, établissant ainsi une relation horizontale entre les protagonistes, qu’ils soient réels ou mythologiques. Sa forme particulière était associée à des canaux à travers lesquels l’essence même de l’ancêtre (mallqui), pouvait être partagée. Ainsi, boire le liquide sacré dans un kero s’apparentait à boire dans le corps de l’ancêtre. Pour les incas, les kéros et les urpus (aribales) étaient des récipients officiels pour la consommation et le transport de la chicha dans tous le Tahauntinsuyo ou Empire Inca. C’est pourquoi, certains de ces contenants étaient décorés d’épis de mais et les verres en bois peints de scènes cérémonielles qui célèbrent les bonnes récoltes et la réciprocité. Aujourd’hui encore au Pérou, des kéros en verre servent à célébrer les relations sociales amicales et réciproques.

GALERIE 8 : À LA RENCONTRE DES ANCÊTRES

En passant sous une autre arche en forme de serpent à deux têtes, vous entrez dans une galerie sombre ponctuellement éclairée de lueurs radieuses. Une somptueuse exposition de parures et bijoux en or, argent, cuivre doré et pierres fines, témoigne du grand savoir-faire des orfèvres de l’ancien Pérou, capables de mettre en forme par déformation le métal précieux pour créer des parures à la fois légères et imposantes, sonores et éclatantes, à l’image des dieux. Dans cette salle d’audience, sur fond de forêt tropicale luxuriante et verdoyante, vous allez à la rencontre des ancêtres : dix seigneurs vêtus de couronnes, pectoraux, bracelets, ornements d'oreilles et de nez, en or et en argent vous reçoivent pour témoigner de leur grandeur passée et de leur statut ancestral et divin. Enterrés avec leurs parures et bijoux identitaires, les seigneurs, rois, reines et empereurs de l’ancien Pérou incarnaient les dieux et leurs communautés dans le monde des ancêtres. Ainsi, vêtements et parures précieuses signifiaient qui ils étaient sur terre et qui ils deviendraient après la mort. Tout au long de l’histoire des sociétés de l’ancien Pérou, ces dirigeants politiques et religieux personnifiaient les forces divines qui rendaient la vie possible dans ce vaste territoire constitué de sommets enneigés, de déserts arides et de forêts tropicales humides. Ainsi, parés d’or et d’argent, ils avaient la capacité de canaliser les pouvoirs des astres sacrés : l'or était considéré comme la sueur du Soleil et l'argent comme les larmes de la Lune.

Pour les Européens, les métaux précieux sont, et restent aujourd’hui encore de par leur valeur économique, des symboles de richesse. Pourtant, aux yeux des sociétés préhispaniques leur vraie valeur résidait bien plus dans leur fonction à symboliser et à matérialiser l’identité souveraine et le pouvoir divin. Les relations entre ces trésors singuliers, qui abritent le kamac, le souffle vital, et leur propriétaire étaient permanentes et inaliénables ; ils leur servaient dans la vie et les accompagnaient dans l’au-delà pour prolonger leur identité mais aussi surtout pour préserver celle de leur communauté. Sacrés, l’or et l’argent diffusent donc ses valeurs et son culte, auxquels ne peuvent prétendre que certains élus. C’est ainsi, que durant 3.000 ans, les élites de l’ancien Pérou ont accrédité leur sacralité, pour eux et les membres de leur communauté.

GALERIE 9 : MACHU PICCHU AUJOURD’HUI

Au-delà de la Porte du Soleil, une peinture murale du Machu Picchu apparaît à travers une forêt de nuages. Vous êtes de retour à la citadelle de pierre inca et êtes rentré dans le XXIe siècle. Un mur de caissons lumineux aux couleurs vives du sol au plafond montre ses riches écosystèmes et sa biodiversité en images et en vidéo (animaux et plantes qui prospèrent dans la forêt entourant le Machu Picchu). Les personnes impliquées dans le projet de conservation Inkaterra, débuté en 1975, décrivent leurs rôles et l'impact du reboisement dans cette zone. Sur d'autres écrans, des chamanes contemporains expliquent l'importance et le pouvoir de la nature dans la vie andine et les membres de la communauté racontent leur participation aux célébrations et aux rituels. Les images aériennes et 3D de l'application récente de la technologie LIDER révèlent d'autres constructions incas sur le flanc de la colline de la citadelle et montrent des preuves de terrasses enterrées, d'escaliers, de bâtiments et de sentiers supplémentaires. Les vitrines devant le mur contiennent des artefacts incas mis au jour récemment sur le site de Machu Picchu. Des panneaux graphiques et de courtes vidéos dans la galerie célèbrent les réalisations impressionnantes de l'Empire inca.

• L'Empire était vaste, s'étendant sur plus de 5000 km jusqu’au sud-ouest de la Colombie et le nord-ouest de l'Argentine. Souvent comparé à l'Empire Romain, l’Empire Inca a été le plus grand empire des Amériques.
• Le système politique inca est unique de par sa puissante bureaucratie qui reposaient sur des liens de parenté avec les élites locales, elles permirent à l'Empire d'incorporer des communautés aux traditions culturelles et sociales différentes à celle des incas et de contrôler et de maintenir un flux constant de ressources, de main d’œuvre et de produits sur tout le territoire – de la Colombie à l’Argentine.
• Les Incas surent intégrer à leur empire les savoir-faire des peuples qu'ils ont assujettis ou conquis : l'architecture de la côte centrale ; les techniques d'élevage de l'Altiplano ; le système commercial efficace des peuples du sud ; et l'orfèvrerie et les savoir-faire des artisans de la côte nord.
• Les personnes et les marchandises se déplaçaient sur tout le territoire grâce à l'immense et efficient réseau routier développé par l'Empire tandis que les systèmes d'irrigation hydraulique à grande échelle permettaient d’obtenir des récoltes abondantes, capables de faire vivre un grand nombre de populations.
• La religion a joué un rôle majeur. Les Incas ont intégré les dieux des peuples conquis dans leur panthéon.
• Le calendrier agricole a été déterminé et affiné grâce à la bonne compréhension de l'astronomie qui permettaient des prévisions précises pour la plantation et la récolte des cultures.



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